24 juin 2016

Franchement, je ne vois pas pourquoi vous vous mettez dans des états pareils.

En ce moment sur Twitter, nous parlons beaucoup de prise en charge de la douleur. 

Je me suis souvenue de cette anecdote.
Je vous la relate dans cet article.

Nous sommes en janvier 2006.

J'ai été greffée il y a peu de temps.


Comme toutes les semaines, j'ai une consultation avec un néphrologue et une prise de sang pour vérifier la créatinine. 

Je vois donc une infirmière toutes les semaines. La semaine dernière, je lui ai parlé des agrafes de la cicatrice qui me gênent beaucoup. La peau me tire et être assise relève de l'acrobatie pour éviter que la cicatrice ne me fasse souffrir. 

Elle me réponds que le protocole prévoit 3 semaines d'agrafes et que je dois patienter. 

J'insiste, elle coupe le dialogue en me disant que de toute façon "vous les greffés vous mettez toujours plus de temps que les autres". 

Je lui réponds que j'ai toujours très bien cicatrisé. 

Elle ne m'entend pas. 

Je décide d'en parler au néphrologue lors de la consultation parce que ça me fait vraiment mal et je sens bien que ce sont les agrafes qui me tirent beaucoup. 

Lorsque je le vois, il regarde ma cicatrice et me dit que c'est normal que j'ai mal. La peau recouvre certaines agrafes. 

Il m'accompagne dans le bureau des infirmières. Pas de bol, il n'y a que celle de tout à l'heure. 

Il lui dit qu'il faut m'enlever aujourd'hui les agrafes. 

Je pars avec l'infirmière dans la salle de soins. 

C'est la première fois que j'ai des agrafes, alors je ne sais pas trop comment ça se passe. 

Je suis assez surprise et intimidée par l'instrument que va utiliser l'infirmière. J'ai un peu peur. 

Elle commence. Ce n'est pas vraiment douloureux. Un peu génant. 

Ca va assez vite, je suis surprise. 

Arrivé à la moitié de la cicatrice, je sens que c'est douloureux quand elle enlève les agrafes.
 Je le dis à l'infirmière. Elle ne me réponds pas. 

Plus elle descend, plus ça fait mal. Et ça commence à franchement être douloureux ! 

Je le dis à l'infirmière qui me réponds que c'est presque terminé. 

Je commence à avoir chaud. 

Elle bute sur ces dernières agrafes. Et moi j'ai mal chaque fois qu'elle triture. 

Elle me dit qu'elle revient.
Je pense bêtement qu'elle va chercher un autre instrument pour enlever les agrafes récalcitrantes. 

Elle revient avec un scalpel. 
Pour le coup, je suis totalement en panique. 
Elle le voit. 
Elle me demande de me recoucher. 

J'ai franchement peur. 

Je ne comprends pas ce qu'elle veut faire avec le scalpel. Malheureusement je comprend vite. Elle enlève un peu de peau pour pouvoir accéder aux agrafes. J'ai peur. J'ai mal. 

J'ai de grosses bouffées de chaleur. Je dis à l'infirmière que je ne me sens pas bien et que j'ai très chaud. 

Ca ne plait pas à l'infirmière, elle me dit : 

Mais vous allez arrêter de me stresser oui? 


Ca me cloue le bec. Je pleure silencieusement. 

Les agrafes finissent par être enlevées. Je suis en pleurs. 

A la fin du soin, je fais une grosse chute de tension et je me mets franchement à pleurer. Je suis choquée. Un peu hébétée. 
L'infirmière ne comprends pas pourquoi. 

Elle me dit:

Franchement, je ne vois pas pourquoi vous vous mettez dans des états pareils. 


Je sors de la salle de soins un peu groggy et choquée. 

Depuis, lorsqu'on m'annonce une opération, la première chose que je demande, c'est des fils pour la cicatrice, je refuse catégoriquement les agrafes.

Quelques témoignages pour approfondir ce douloureux sujet.

La pose du harpon
Ces chochottes cancéreuses qui ont mal, c'est n'importe quoi !
Corrida médicale
Une simple hypothèse de recherche



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2 commentaires:

  1. Il y a toujours de tout chez les infirmières. Autant la plupart que j'ai rencontrées étaient adorables, autant il suffit d'une pour pourrir la vie.
    La mienne, je l'ai rencontrée alors que j'étais en déplacement professionnel loin de chez moi, je venais de sortir d'une petite série phlebite + embolie pulmonaire, j'étais en traitement AVK avec le moral dans les chaussettes, et je venais pour ajuster mon traitement.
    Je lui dis que mon néphro demande qu'on me pique sur le poignet pour ne pas risquer d'abimer les veines pour ma future fistule.

    Réaction immédiate: elle m'engueule ! «non mais ça va bien, on va pas vous les abimer vos précieuses veines» (avec une emphase bien ironique sur précieuse). Et elle commence à vouloir me piquer dans le bras. J'insiste, elle m'engueule encore plus, mais finit par viser le poignet. Bien entendu avec la meme aiguille que pour le bras, histoire de bien me faire mal. Sciemment.

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  2. encore un exemple que j'ai connu pour Alex, décidément c'est la journée

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