3 juin 2016

Itinéraire d'une fin de greffe: Seule la dialyse pourra vous soulager. 5/6

Je suis sortie d'hospitalisation. Nous sommes la veille du jour de l'an.

Je suis épuisée. Je dors autant que mes chats, c'est à dire que je passe la majorité de mon temps à dormir. 

Je ne mange quasiment plus.


J'ai très mal aux jambes. Je ne suis bien que debout. 

En fait, je le saurais bien plus tard, c'était des impatiences. C'est très douloureux.

Mon mari me concocte un super repas du jour de l'an. Il reste quasiment toute la journée en cuisine.
Malheureusement, je ne mangerais que quelques bouchées. 
Ce jour de l'an n'est  pas très joyeux. 
Je ne tiens même pas jusqu'à minuit.  

2 fois par semaine, je vais faire un bilan.
La créatinine baisse un peu, mais pas de manière significative. 
A dire vrai, je suis tellement fatiguée et mal que ne j'y prête même plus attention. Je suis comme anesthésiée émotivement concernant cette greffe. L'équipe a passé un temps fou à me convaincre que je n'allais pas retourner en dialyse. C'est que ça doit être le cas. 

Dans quelques jours, j'ai une consultation chez le Dr C.. 
Je me dis qu'il va trouver une solution à cette fatigue si intense, pour les jambes douloureuses et le manque d'appétit.
Je suis confiante. J'ai confiance en lui et ses capacités à m'aider.

Le jour de la consultation arrive. Le taxi vient me chercher et nous partons pour le CHU.

En fait, j'ai peur. J'ai très peur de cette consultation. Je suis dans un tel état de fatigue qu'évidemment, ça n'arrange rien.

Arrive enfin mon tour.

J'entre dans le bureau de consultation du Dr C. Il y a un étudiant avec lui. Évidemment, il ne me demande pas  si je suis d'accord.
Je suis de toute façon trop épuisée pour râler.

Le néphrologue me demande de me mettre sur la table d'auscultation. Pendant ce temps, il épluche mon dossier. Il était temps.
Je lui explique mon mal aux jambes, mon extrême fatigue, mon gros manque d'appétit et ma grande perte de poids.

Il cherche mes derniers bilans. Il n'est pas content car mon dossier n'a pas été mis à jour. 

Intérieurement, je me demande alors comment des médecins ont pu voir mes bilans lors de mon retour à la maison?

Il part de la salle de consultation et part chercher les bilans. Il n'est pas très content.

Je reste avec l'étudiant. L'atmosphère est pesante. J'ai envie de pleurer.  Je me retiens. En fait, je me sens invisible. 

L'étudiant est mal à l'aise. 

Lui aussi il sent que ce n'est pas tout à fait une consultation comme les autres?

Le Dr C. finit par revenir avec les bilans. Il les épluche dans un silence de mort.

J'angoisse complètement. Le silence est lourd.
Je vois le néphrologue regarder l'étudiant en faisant des tics de front.
L'étudiant est mal à l'aise. Il sourit au néphrologue. 

Ca m'inquiète encore plus.

Je me mets franchement à pleurer. Je sanglote toute seule sur la table.

Le néphrologue me demande de venir m'asseoir. Il ne souhaite même plus m'ausculter. 

Il me dit que les résultats sont catastrophiques. 

Il ajoute:

Seule la dialyse pourra vous soulager. 


Je suis catastrophée. En larmes. Je ne veux pas retourner en dialyse. 

Le néphrologue cherche a dialoguer avec moi. J'en suis juste incapable. 
J'ai juste besoin d'avoir mon compagnon au téléphone. 
J'ai besoin d'un lien. 

Le néphrologue téléphone au centre de dialyse pour prévoir une date de reprise des dialyses.

Le néphrologue me fait sortir de la salle de consultation et m'envoie dans la salle d'attente.

Je pleure à chaudes larmes. 

J'attends mon compagnon. Nous rentrons à la maison.

La reprise des dialyses est prévue fin janvier.


La suite, la fin et l'analyse la semaine prochaine.



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